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La dérobade

 

Evitement

La dérobade

« Ceux qui traitent la dérobade de lâcheté ne devaient pas reprocher à Abel de ne pas s’être enfui devant la provocation de Caïn, mais bien de n’avoir pas su se préparer à de tels affrontements ». — (Richard Goulet, La philosophie de Moïse: essai de reconstitution d’un commentaire philosophique préphilonien du Pentateuque, 1987)

 

Ce cavalier de malheur arrive à la suite de longues périodes de disputes. Nous connaissons tous des couples où l’un des deux partenaires s’est emmuré dans le silence. Plutôt que de confronter son / sa partenaire, il fuit le combat et se retranche dans une attitude de « Cause toujours mon lapin… ». Ce qui n’aura malheureusement que le seul résultat d’exaspérer son/sa partenaire ayant pour impression de parler pour rien ou dans le vide, et lui donnant une raison supplémentaire de critiquer.

Il / elle s’enferme parce qu’elle/il critique, il/elle critique parce qu’il/elle s’enferme. Cercle vicieux imparable. Beaucoup de couples rendus à ce stade ne se regardent même plus lorsqu’ils sont ensemble. La colère, les doutes, les peurs, et autres émotions peu réjouissantes créent un mur entre eux donnant matière à un air lourd et une souffrance assourdissante pour qui les côtoiera. Prenons ensemble quelques secondes ici pour penser aux enfants partageant les retombées de tout ceci. (…).

L’attitude de dérobade se matérialise dans de nombreux actes :

  • Madame travaille jusqu’à « disparaître » de la vie du foyer.
  • Monsieur se trouve milles occupations extérieures et réponds à toutes demandes de services de l’entourage.
  • Madame fait la sieste… beaucoup… beaucoup…
  • Monsieur s’est soudain trouvé une passion pour les petites coccinelles.
  • Madame collectionne les vieilles choses qu’elles amoncellent dans son jardin comme cherchant la trace d’un souvenir du bonheur perdu.
  • Monsieur va arroser la pelouse à 4 heures du matin, pour ne s’arrêter d’œuvrer en extérieur qu’à l’heure du repas.
  • Madame ou monsieur prend un amant, une maitresse avec qui il / elle ne construira rien, restant au combien amoureux de sa / son partenaire, mais cherchant à l’extérieur ce qui lui manque.
  • Madame et Monsieur sur de mauvaises excuses seront complices dans la dérobade et trouveront un nouveau pôle d’attention à travers un grand projet : rénover une maison ? Faire un enfant ? adopter un chien ? et que sais je encore…
  • Demande de séparation / divorce. « Je t’Aime mais tu vois bien que ça ne fonctionne plus ».

Ne faisons pas de raccourcis ridicules. Ce que je cite ici comme exemple n’est pas la définition du « Oh mon dieu, mon couple explose », et ce n’est pas parce que nous nourrissons le désir d’adopter un chien ou de rénover une maison que les 4 cavaliers de l’apocalypse sont invités chez nous. Cette idée serait pervertir de nombreux magnifiques projets.

Une demande de séparation / divorce est parfois légitime, sur ce point particulièrement c’est bien à vous de faire la part des choses.

Gardons simplement à l’idée que parfois ces exemples ci sont une résultante de la venue des 3 premiers cavaliers et une tentative de dérobade à ce qui devrait être mis en place : La COMMUNICATION.

Lorsque ce type de comportement se manifeste chez vous, ou chez votre partenaire, qu’il est nouveau et non inhérent à vos passions, à votre être, à vos besoins liés à qui vous êtes, prenez le temps de l’introspection… prenez le temps du dialogue.

  • Comprenons bien que prendre un amant ne résoudra rien et signera sans aucun doute le terme de votre histoire à deux.
  • Qu’adopter un chien créera une complicité première mais une fois la magie du toutou passée, il sera bien nécessaire de se parler… d’autant que toutou peut aussi avoir besoin d’un temps d’adaptation à sa nouvelle famille et durant ce temps devenir lui-même une source de conflit…
  • Se lever à 4 heures du matin afin d’arroser la pelouse pourrait être légitime dans les périodes de restriction d’eau… mais bon… il est des plus probables que votre partenaire se sente abandonné(e) en se réveillant seul (e) trop souvent et finisse par se sentir « célibataire » et non « en couple »…
  • La collection de vieilles choses va envahir l’espace, créera de l’oppression, ce qui de fait ne permettra pas de relancer le dialogue.
  • Etc… …
  • Vous vous apprêtez à prendre un chien, vous avez fait ce choix tout les deux et en pleine tempête ? il viendra combler votre besoin affectif et devrait avoir pour rôle d’être le pont entre vous deux, « le commun ». Projetez-vous, et si vous et votre partenaire passiez plus de temps ensemble, si votre entente était agréable, aimeriez vous toujours adopter ce chien vous qui n’en avez peut-être jamais eu ? Comprenez bien que ce chien adopté de cette manière, risque de devenir le support de vos conflits ensuite…

Oui, il est parfois légitime de choisir la séparation, lorsque les mots ou les actes sont devenus impardonnables, que l’amour n’y est plus, ou que tout simplement, les divergences de valeurs sont trop importantes pour que la relation soit harmonieuse et épanouissante.

Mais parfois, cette dérobade ne sera pas légitime et ce qui aurait pu être vu comme un obstacle, une épreuve à dépasser ensemble, une occasion de se rencontrer à nouveau, de faire connaissance plus en profondeur sera fuit et condamnera un couple qui pourtant avait tout pour se réaliser, s’entraider, se motoriser… et surtout… avait l’Amour.

Notre société de consommation encourage à la dérobade, malheureusement les courants axés sur le développement personnel ont à l’insu de leurs volonté première tendance à encourager cela aussi : « je dois être bien, tout ce qui peut m’en empêcher doit être exclu », encourageant ainsi une conversation avec soi-même seul et non une conversation avec soi et les autres.

Nous savons tous pourtant que l’humanité évolue dans une dynamique d’ensemble. Nous apprenons sans cesse de l’autre.

Lorsque ce cavalier arrive, demandez de l’aide, parfois une seule consultation sera suffisante pour recréer une dynamique d’écoute… parfois il en faudra plusieurs… voir un aidant n’est pas synonyme d’échec, mais d’envie d’avancer. Cet aidant portant vos projections pour quelques instants, aidant le lien à se reconstruire d’une manière différente sera, je vous le garantis, plus efficace que l’adoption d’un chien………….

La dérobade nourrit un sentiment d’abandon chez l’autre, un manque de reconnaissance et d’écoute, voir sous certaines formes la trahison.  

L’idée plaisante d’avoir réussi à s’extraire d’une situation que nous refusions d’affronter n’a qu’un bénéfice temporaire, le sentiment d’échec, et le jugement que nous porterons sur nous-mêmes ne donnent pas à cet attitude le poids positif justifiant à l’encourager. Bien au contraire.

La dérobade est une réaction née d’une dynamique de couple dysfonctionnante. Elle ne condamne cependant pas toujours le couple. Les périodes fastes comme les néfastes sont autant d’occasion de se nourrir les uns les autres, de s’entraider, de nous améliorer, de nous dépasser en sortant de nos zones de confort.

La dérobade est l’opportunité de se recentrer sur le couple, de se rencontrer à nouveau : qui es-tu toi avec qui je vis depuis 10 ans ? Tu as bien grandi depuis le début de notre histoire, peut être est il temps que je sorte de mes souvenirs pour te rencontrer dans cet ici et maintenant ? J’ai bien grandi moi aussi, n’est-ce pas là l’occasion de me présenter à toi dans ce même instant présent ? Nos cœurs se connaissent et s’aiment, nos mentales, nos comportements ont peut-être évolué… Nous ne sommes plus qui nous étions hier.   

Aujourd’hui est le premier jour du reste de votre vie, de l’histoire de votre couple.

 

Les 4 Cavaliers de l'Apocalypse dans nos relations

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