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êtes vous un gardien de prison ?

Ce week-end, j'ai trouvé repos sous un chêne... 
Un magnifique et grand chêne, 
Ses racines magnifiques et puissantes plantées dans la terre, maintenant un tronc semblant invulnérable, surmonté d'un feuillage joyeux, équilibré, protecteur. 
Je ne le quittais pas des yeux... comme si j'attendais qu'il me dise quelque chose... il ne disait rien, il était là. 
Soudain une joie immense m'a traversé. 
Il grandit sans penser... il ne s'est jamais demandé quoi que ce soit, il se contente d'être et de grandir. Rien ne semble pouvoir arrêter sa croissance, rien ne semble pouvoir altérer ce qu'il est, ni le vent, ni les oiseaux dans son branchage, ni même moi allongée à ses côtés, bénéficiant de sa présence. Il est.
Semblant... immuable.

Nous cherchons à tout contrôler, notre avenir, notre passé, et par essence même notre présent... parfois nous tentons de contrôler même les autres. Nous portons des jugements sur ce qu'ils sont, ce qu'ils font, nous nous permettons parfois de condamner sur les apparences. Et, si une brèche se présente à nous, nous n'hésitons pas à nous y infiltrer pour faire part de nos doutes, pour faire douter. Parfois cela est juste, parfois cela ne l'est pas.

Contrôler encore et encore... comme une soif de se donner l'illusion que nous sommes les maîtres absolu de la science de l'être. 
Pensant savoir ce qui est bon, ce qui est mal. 
Résonnant sans cesse en dualité : porte ouverte, porte fermé.

Devenant même par ce chemin les gardiens d'un prisonnier qui n'est autre que nous mêmes.

Prenons pour exemple Facebook... Osez me dire que jamais vous n'avez jugé la publication d'un tiers : "oh celui-ci doit voter à droite, c'est un con", "oh celui ci doit bien s'ennuyer, il écrit sans cesse", "oh celui ci n'a pas d'amis, il nous raconte tout", "oh celui-ci est un obsédé, il ne mets que des femmes sur son mur"... Les jugements tombent dans le plus grand jeu de l'humanité : la dualité.

Noir ou blanc... pensée clivée.

Cela m'arrive moi aussi, Je comprends. Nous pensons avoir accès à la personne, mais nous n'avons accès qu'à l'apparence, qu'à des instant de vie, qu'à des passages, et parfois même... qu'à des fantasmes que le virtuel permets de poser sur une page, à l'abri du regard direct de l'autre... donnant aux fantasmes une part de réalité qui n'existe que grâce à des ondes électromagnétiques sans matérialité... Nous jugeons sur du vent. Et pire que cela... nous pensons savoir... Savoir les rires et les larmes de l'intime d'un coeur que nous ne connaissons pas.

Que ferait le chêne de tout ça ? 
Il est certains qu'il n'en ferait rien.

Parlons de celui qui expose sa vie, un art que je pratique moi même... je pose et dépose des pensées, des réflexions... Pourtant en dehors, il sera bien rare d'entendre le son de ma voie, plus encore s'il s'agit de parler de moi... Difficile à imaginer n'est ce pas ?

L'écran devient une extension de ma pensée, consciente de son caractère si illusoire, je l'ai apprivoisé comme un outil pour avancer... Devant certaines questions, certains choix, je surfe sur l'outil, expose, et écoute les avis. J'écoute chaque réponse, les pires, les meilleures, celles qui m'agacent, celles qui me plaisent... j'écoute et j'infuse... C'est ce qui me conduira doucement à créer ma réponse. Dans ces moments je ne cherche pas la réponse que de ceux qui me donneront raison, car alors je n'ai pas le sentiment d'avancer objectivement, de ceux qui, exclusivement, me connaissent, je suis impermanence, une réponse valable hier, ne l'est plus forcément aujourd'hui, non je cherche un ensemble de réponse jusqu'à ce que cellulairement il se passe quelque chose. Puis je retire mon post, car n'étant qu'une extension de ma pensée, le post ce doit de partir, je n'ai nul besoin d'y revenir, de lire et relire, la pensée doit s'envoler, c'est sa nature.

Nous avons ainsi besoin parfois d'avis divers et variés pour avancer. De sortir de notre zone de confort, habitée des personnes qui sauront toujours nous dire ce qui nous convient, sortir de la zone de confort pour incarner le changement dont parfois nous avons tant besoin.

Pour co-évoluer...

Car nous avons bien quelque chose qui, d'une certaine manière nous différencie du chêne, ce qui fait la force de notre espèce est ce besoin de co-évolution.

Nous interagissons avec toute les espèces,
Comme le chêne,
Nous co-évoluons grâce à notre ensemble.

Cette pensée duelle permanente cependant ne nous aide pas, il semble que parfois même nous régressions, la peur du jugement gagne sur la co-évolution et voici les gardiens de prisons qui ici et là, un peu partout se matérialisent.

S'empêcher d'être pour ne pas être jugé. 
S'empêcher de vivre ses émotions pour ne pas être jugé. 
S'empêcher ci et ça parce que nous nous jugeons nous mêmes... 
Noir / Blanc, notre ombre vit en prison et nous lui tenons la porte fermée... privant l'ensemble de notre richesse d'être, nous fractionnant en de multiples personnes elles aussi, aussi clivées les unes que les autres.

Le prisonnier s'agace et ne cesse de vouloir se sauver, pour se faire il cherche et se débat... l'ombre que l'on a voulu enfermer finit invariablement par se faire remarquer, car elle se montrera par les jugements sur les autres, les projections, jeux de miroirs... par la zizanie qu'elle mettra en voulant se donner l'illusion de ce fameux contrôle... dans un lac où elle même se noie, ou l ego se noue dans ses certitudes.

Et si tout comme le chêne, nous tentions simplement d'être le gardien et le prisonnier, pour que petit à petit l'un et l'autre fusionne et ne devienne qu'un ? que la dualité devienne l'unité ? que la force qui nous unit transcende ce jeu de "noir et blanc" ?

N'oublions jamais... "l'essentiel est invisible à nos yeux"... Le petit prince de Antoine de Saint Exupéry ;-)

L'être Humain n'aurait pas inventé le mensonge si ceux de son espèce savaient l'écouter... Le premier pas pour cette co-évolution sans dualité est sans doute d'apprendre à se connaître au delà de ce qui paraît si évident ?

Chene
 

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