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Attentes

ma mère me chantait cette chanson, le premier couplet, quand je lui demandais quelque chose :-)

"Le Hans du Schnockeloch tout ce qu'il veut il l'a,

Le Hans du Schnockeloch tout ce qu'il veut il l'a,

Mais ce qu'il veut il ne l'a pas, Et ce qu'il a il ne l' veut pas !

Le Hans du Schnockeloch tout ce qu'il veut il l'a !"

ça avait le don de me repousser dans mes retranchements, mes demandes étant simplement un peu plus d'hygiène, d'écoute, et de temps pour moi plutôt que pour elle. des habits autres que ceux de la vieille malle trouvée dans la vieille maison que nous habitions qui me faisait ressembler à une bergère des années... je ne sais même pas... :-) l'odeur elle même de vieux et de renfermé, me laisse c'est étrange tout à la fois un sourire et un goût d'amertume... paradoxe de mon histoire, hors sujet.

Je pense aux attentes que j'ai eu à recevoir ces trois derniers mois et qui ont certainement conduit à un certain retranchement ces 10 derniers jours. Attentes posées par des personnes s'annonçant "amis" qui à la lueur du jour semblait plus me confondre avec un rateau que 'on utilise quand il est temps de travailler sa terre que comme un être humain.

Mes patients, mes élèves m'en demandant finalement moins que ces dits "amis", sortis de ma vie aussi vite qu'ils y sont entrés, je chantonne ce petit air intérieurement. Non que ça me fasse réellement sourire...

Le message de la vie est que je dois préserver mon espace. Le mot amis de nos jours est galvaudé, son sens éparpillé par un usage presque commercial ici même par exemple... "veux tu être mon amie ?"... Ici on utilise la formule en deux secondes. un clic et voilà... la question devrait être : "veux tu que nous soyons en lien, que nous étendions notre réseau ensemble ?"... ok ma formule est trop longue. Mais elle est me semble t'il plus réaliste.

Alors du coup "ami", à pris une drôle de résonnance.

J'ai entendu au moins trois adultes depuis Janvier me dire : "je ne suis plus ton ami"... outre le fait que j'ai entendu ceci parce que j'ai dit "non" et refuser d'obéir à des demandes plus qu'étonnantes; l'expression elle même me laisse songeuse, je la pensais ranger dans nos archives de l'école primaire...

Non, je n'insulte personne en le disant, simplement, je pensais réellement que ces tracasseries là, dataient d'un âge où nous étions dans cette phase si extra ordinaire de toute puissance, la phase anale me semble t'il, et où nous jouissions de ce pouvoir en disant "je suis ton ami, je ne le suis pas" afin de nous tester nous mêmes, et de tester l'autre.

Je t'introduit et t'expulse, je suis dieu en mon univers, oui / non, etc... je m'égare, pardonnez m'en.

Revenons en au présent, et à ce cher Hans... chanson alsacienne, écrite pour un aubergiste au combien désagréable... Tout ce qu'il veut il l'a...

Oui c'est bien une réalité, nous sommes dans une société de consommation où tout est là...

"Mais ce qu'il a, il n'en veut pas"... le consommable, on le change, on le jette... vous parlerais je un jour du vendeur de chez bouygues qui, quand je lui ai dit "moi j'attends de vous que vous me vendiez un téléphone qui ne m'oblige pas à revenir vous voir dans trois ans... " ?

Il m'a bredouillé : "aujourd'hui tout nos téléphones sont obsolètes au bout de deux ans, c'est fait pour être changé"... ... parlez en donc aux enfants des côtes africaines, ils seront ravis de le savoir, puisque nos déchets arrivent chez eux !

Voici donc la réalité pour le matériel... mais il s'agit de la même chose côté relation humaine... le réflexe est posé, on prends, on utilise, on jette... Garder son ami plus de 10 ans sera bientôt un exploit, un peu comme les couples qui fêtes les années les une après les autres...

exploit ? à moins que ce ne soit là aussi obsolète.

Cette chanson pour les enfants traduit donc bien mon ressenti. Ne pas vous le faire partager serait presque dommage... tant il serait nécessaire que nous songions à nous réveiller... et ce en commençant par là. En effet, imaginez construire un monde qui fonctionne, tout en nous regardant les uns les autres comme du consommable, me semble un projet non pas abstrait, mais parfaitement illusoire...

Qu'en pensez vous ?

 

 

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